L'Ermitage de Saint-Pancrace :
sur
un domaine privé, ne se visite pas.
Paisible,
l'ermitage de St Pancrace, patron de Grambois, se niche sur une hauteur
boisée, proche de la route de Vitrolles. Une petite chapelle médiévale (XIVe
siècle) s'y adosse, que Jean Giono célébra de toute sa verve. Ce lieu hors du
temps est depuis longtemps cher aux Gramboisiens, qui entretiennent avec lui des
liens de fidélité séculaires. Dès le XVe
siècle, St Pancrace devient, chaque année aux alentours du 14 mai, un haut
lieu de la vie du village : une procession rejoint la chapelle, où se tient
aussi une foire réputée qui attire les populations des environs. Au XVIIe siècle, la communauté fait bâtir
l'ermitage, qui sera habité jusqu'à la Révolution.
Mais à la Révolution, la chapelle fut vendue comme bien
national (1793), et l'ermitage, 20 ans plus tard, devint propriété de Joseph Bonnin, riche négociant marseillais. C'est à cet homme que l'on doit le
cimetière familial établi tout à côté, où, entre les cyprès qui bordent les
allées, se dresse une imposante pyramide, ajoutant sa touche de mystère au
charme romantique qui se dégage des lieux.
Ni l'ermitage ni la chapelle ni le cimetière se visitent. Tous les trois sont
sur une propriété privée dont l'accès est strictement interdit.
Le Saint Patron de Grambois
Neveu
de saint Denys, mort martyr en 304 sous Dioclétien, à l’âge de 14 ans, saint
Pancrace (dont le nom, issu du grec, signifie " le plus puissant ") fut enterré
au cimetière de Calépode à Rome. Il est traditionnellement représenté avec des
traits juvéniles. Second des " saints de glace " avec Mamert et Gervais, il
était à ce titre imploré tous les ans par les agriculteurs et les viticulteurs
pour que les cultures en pleine germination soient protégées du gel tardif qui
survient certains printemps. Il est également le protecteur des enfants.
Saint tutélaire de Grambois, son culte est malgré
tout très répandu dans la région. La Bastidonne, par exemple, possède un buste
et une statue du jeune martyr. On le retrouve également à Digne, Aups,
Forcalquier, Manosque, Oraison, l’Isle-sur-la-Sorgue... Il a sa chapelle dans
l'église de Grambois, où l'on peut admirer, outre un retable du
XVIIIe siècle hélas en mauvais état, un buste reliquaire de la
deuxième moitié du XVIIe siècle.
La ferveur et l’attachement de la communauté à son
saint patron se traduisait jadis, comme on l'a vu, par une procession. La Peste
de Provence (1720-1722), qui avait passé sans toucher le village, scella de plus
belle le pacte existant entre saint Pancrace et les Gramboisiens, qui firent le
vœu solennel de faire une procession le dimanche suivant le jour de sa fête. La
tradition s'est perpétuée de manière ininterrompue jusqu'à nos jours, où elle a
pris, il est vrai, une allure plus décontractée.
Sources :
- Février (P.-A.) (Dir.) : Inventaire Général, Provence-Alpes-Côte-D'azur,
Vaucluse, Pays d'Aigues, Paris, 1981, Imprimerie Nationale, 716 p. p. 458.
- Garcin (André-Marius) : Histoire du village de GRAMBOIS, parution échelonnée
dans le Mercure Aptésien, ( n° 4425, 21 avril 1907- n° 4509, 29 novembre 1908).